Durant la préparation de Tokyo, j’ai connu une période de doute. Ce doute ne m’a pas lâché bien après la course. Je n’ai pas performé comme espéré et c’est donc avec une attention particulière, un pincement au coeur que j’ai suivi le Marathon de Paris que j’avais l’habitude de courir depuis 3 ans et que j’aurais dû courir si Tokyo ne m’avait pas choisi (je ne regrette rien de l’expérience, j’y retournerai forcement à Tokyo!)
Pendant que je me posais toutes ces questions, une autre histoire se jouait en France.
Habituellement, passé la course, les dossards sont mis en vente. Cette année. Rien… La raison: un changement d’organisation en cours: https://rmcsport.bfmtv.com/rmc-running/marathon-de-paris-pourquoi-les-dossards-de-l-edition-2027-pourraient-ne-pas-etre-mis-en-vente-tout-de-suite_AV-202604130468.html
Parmi les sources: Internet + https://7running.coach/blog/marathon-de-paris-2027/

Changement d’organisation mi 2026
Suite à un appel d’offre mi-2025, trois entreprises y ont répondu:
- le concessionnaire sortant et historique Amaury Sport Organisation (ASO),
- un consortium international composé de Playground, Infront et OConnection,
- un collectif français avec Havas Sports & Entertainment, Keneo et XIX Sports Group.
Depuis, fin mai 2026, le conseil de Paris à valider le changement mais ASO, l’ancien organisateur, conteste devant le Tribunal Administratif: https://www.latribune.fr/article/la-tribune-dimanche/sports/2198870625843714/le-marathon-de-paris-changera-dorganisateur-des-2027
Le consortium Cadence rassemble trois acteurs complémentaires du sport et de l’événementiel (https://sport.newstank.fr/article/view/439706/marathon-paris-groupement-havas-keneo-ose-pressenti-succeder-aso-presse.html):
- OSE (Outdoor Sports Experiences) : apporte son expertise terrain dans l’organisation de grands événements sportifs outdoor et de courses à pied.
- Keneo : spécialisée dans la conception, la gestion et la stratégie d’événements sportifs.
- Havas (Havas Play/Sports & Entertainment) : gère la puissance en communication, marketing sportif et partenariats.
Un autre bout de polémique porte sur le fait que dans le groupe Cadence, une des société, l’agence Havas est contrôlée par Vincent Bolloré qui en est le 1er actionnaire.
Cependant, le fait que la transition ne soit pas annoncée rapidement laisse supposer un transfert purement « contractuel » et donc compliqué (pas d’huile dans les rouages juste du légal):
- Le tribunal administratif a rejeté le recours d’Amaury Sport Organisation (ASO) contre l’attribution du Marathon de Paris au groupement Cadence, validant ainsi le changement d’organisateur pour les éditions 2027 à 2030 (Source: https://www2.u-trail.com/de-aso-a-cadence-la-transition-se-passe-mal-au-marathon-de-paris/)
Ce que cela signifie pour les coureurs ?
Les dossards sont annoncés pour Septembre, avec un changement de parcours et certainement de tarif (https://www2.u-trail.com/les-inscriptions-pour-le-marathon-de-paris-2027-devraient-ouvrir-en-septembre/)
- Le tracé va changer ?
- A quoi d’autres s’attendre ?
Les annonces
Au 17 juillet 2026 – Le marathon va changer de nom. Schneider, sponsor depuis 17 ans est remplacé par Asics (voir: https://www.danslateteduncoureur.fr/blog/marathon-de-paris-2027-asics-cadence)

Analysons ci-après ce qui peut attendre l’organisation notamment autour du modèle financier ou de l’image que le Marathon peut avoir:
Modèle financier
Actuellement, le Marathon de Paris génère un chiffre d’affaires estimé à plus de 7 millions d’euros (ASO ne publie pas ses comptes, il s’agit d’estimation). Les revenus se structurent à travers plusieurs piliers économiques majeurs :
- Dossards et Inscriptions : Avec une jauge atteignant plus de 57 000 participants, les frais d’inscription (qui varient entre 135 € et 179 €) génèrent à eux seuls une billetterie directe supérieure à 3 à 4 millions d’euros. [1, 2, 3]
- Sponsoring : Les partenariats, notamment le contrat titre avec Schneider Electric, injectent environ 2 millions d’euros dans l’organisation de l’événement. [1, 2]
- Événements annexes : Le Salon Running, organisé à la Porte de Versailles, rapporte environ 500 000 €. [1]
Bien que le coût d’organisation orchestré jusqu’à récemment par Amaury Sport Organisation (ASO) dépasse souvent 6 millions d’euros, cet événement sportif s’avère être une opération très lucrative, pouvant dégager d’importants bénéfices nets et générer jusqu’à 50 millions d’euros de retombées économiques directes et indirectes pour la région parisienne.
Quelle rentabilité pour demain ?
Le modèle proposé par Cadence représente un pari ambitieux. Entre une redevance annuelle de 3,5 M€ et les investissements nécessaires pour repenser l’expérience des coureurs et le parcours, le consortium devra probablement développer de nouvelles sources de revenus pour assurer l’équilibre économique de la concession.
Au-delà des inscriptions, cela pourrait passer par un renforcement des partenariats, une offre de services premium (hospitalité, expériences VIP) ou encore une valorisation accrue du merchandising et des activités organisées autour de l’événement. L’objectif serait alors de faire du Marathon de Paris non seulement une grande course populaire, mais également une marque capable de rayonner à l’international.
La réussite de cette nouvelle concession ne se mesurera donc pas uniquement à sa rentabilité. Les prochaines éditions permettront de répondre à une question essentielle : les changements engagés profiteront-ils avant tout à l’expérience des coureurs et à la qualité de la course, ou viseront-ils principalement à accroître la valeur commerciale de l’événement ?